dimanche 29 mars 2015

On a pas besoin de Jésus Daniel, on a le rock'n'roll...


Couverture de l'album "La taille de mon âme" dernier album officiel de Daniel Darc.

Prenez cet article comme une forme d'hommage, si vous voulez, à Daniel Darc.
Je ne nommerais même pas son vrai nom, que tout le monde connaît, car il reste Darc avant tout.
Ici vous trouverez des reportages, interviews, témoignages trouvés sur le net, rien d'inédit, juste un hommage...
Daniel qui représente pour moi ce punk à la française, emprunt de destroy et de romantisme exacerbé. Mais un punk qui n'oublie pas ses racines. Un punk prêt à en découdre avec la vie, l'histoire l'aura montré, malgré l'état d'esprit "No Future" de rigueur... 
Ado, j'ai découvert Taxi Girl via mon papa qui avait craqué sur le single "cherchez le garçon", lui qui se moquait de mes vestes à épingles à nourrice et de mes badges ne se doutait pas que ce groupe était affilié au mouvement punk...
Pour moi la claque fut surtout cette face B de Maxi 45 tours (comme on disait à l'époque) "V2 sur mes souvenirs" avec une partie de batterie de Pierre (RIP) extraordinaire !

Taxi-Girl, la première mouture connue en 1978

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Taxi Girl au Palace en 1981 : "Jardin Chinois", "Cherchez le garçon", "V2 sur mes souvenirs" autrement dit l'intégralité de ce 1er Maxi 45 tours...

Bon évidemment, Taxi girl ne demeure pas assez "destroy" musicalement pour m'intéresser au delà du parfum de dope et de scandale que le groupe semble initier. C'est plus tard, presque vers la fin des 80's que je reviendrais vers le groupe à travers l'excellente compilation Suite et Fin ? qui concerne les travaux du groupe en trio puis le mini LP du groupe devenu duo avec ce titre provoc et beau à la fois "aussi belle qu'une balle" même si à l'époque j'écoutais plus souvent le morceau qui collait plus à l'ambiance du moment "Paris"...
Daniel Darc excelle déjà dans l'écriture, mais en fait je m'en cogne c'est surtout le personnage que j'aime bien, je me sens proche de lui. Je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas cherché...
Peut être cette impression d'être sur le fil qu'on a tous connu (?) un moment dans notre jeune existence ?

Plusieurs années passent, je suis toujours vivant et "adulte" (bouah !) J'écoute toujours Taxi Girl...
Mais je n'ai pas été saisi par les sirènes du buzz autour des nouvelles productions de Daniel, qui pour le coup devient "absolument génial" pour tout le gotha rock "parisien" national... Malgré un travail avec Jacno je passe outre.
D'ailleurs, je ne fus pas intéressé non plus par son travail plus tôt avec Bill Pritchard, artiste pop anglais mordu des yéyés... Bôf, comment voulez-vous que cela me parle un truc pareil ?

Ensuite, plus tard, j'aperçois des interviews de Daniel qui  a trouvé un sens à tout ce bordel que demeure la vie en la "foi"... Bon, ce ne sera pas le premier ni le dernier et ce n'est pas ça qui me donnera envie de couper les ponts, athée comme je le suis...

Toujours sur une corde raide qui semble lui donner encore plus de talents d'écriture, Daniel devient, sans préméditation ni calcul, mais avec le concours des "prédicateurs professionnels" du rock, une sorte d'icône destroy post Sid Vicious comme si la majorité des médias attendaient une fin précipitée et tragique... 
Mais les vautours n'auront pas leur pitance tout de suite.


Un reportage de 2004 où tout le monde semble avoir un avis sur Daniel on dirait...
Certains sont toujours aussi navrants d'ailleurs... Se tromper dans les dates et les événements quand on est journaliste rock et qu'on veut absolument avoir un avis sur tout et tout le monde relève de la bêtise congénitale...
Comme si on pouvait bavasser sur son état d'esprit à sa place, heureusement que Daniel relève le niveau. Bon point pour le coup de pub à Born Bad...

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En 2011, Daniel Darc à sorti son dernier album officiel "La taille de mon âme" (le posthume "Chapelle Sixteen" est à part même si il est absolument à découvrir) et, le seul reportage sensé que j'ai pu trouver sur le sujet provient de la rédaction de "Magic" un mag musical (existe t-il encore ?) qui a eu la bonne intelligence de rester sur du concret et pas du larmoyant ni du glauque...
Un album à part, avec prise de conscience et recul sur la vie d'un homme adulte (tu m'étonnes que ça me parle...)

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En complément on peut mater celui-ci :

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Bon Daniel, quand on lit ses textes on aurait voulu le voir romancier, pour voir comment il tenait la longue distance. En tous les cas ses mots font mouche chez bibi. Sordide et sentimental (tiens, tiens) mais emprunt de véracité. Finalement on a surement tous un pote qui sonne Daniel, mais lui, a réussi à rester près de nous.
Ou alors nous a lâché  pour un ciel meilleur. Parce que finalement, on est pas si fréquentable.

Et justement, et ses rencontres dans tout cela ? Déterminantes, si on doit caser un adjectif.
Si on sait que le groupe a pu travailler avec J.J Burnel (vous savez, ce côté "européen" du rock...)
les rencontres suivantes seront presque trop belles pour être vraies : Mirways devient égérie de Madonna et produit des albums sans goût mais vachement bien vu du côté de Palavas-les-Flots... 
Daniel lui, rencontre la variété, enfin, ses petites mains, et bizarrement c'est cela qui va le "tirer vers le haut" de l'affiche, de la popularité et du showbiz...
Paradoxale peut être, mais le punk rock étant vendu aux dieux de la FM, Le Velvet ayant déjà tout dit dans un autre registre et Johnny Cash, qui  a posé depuis longtemps un sceau définitif sur la country lancinante et habitée, un Hank Williams fréquentable en quelques sortes.
Donc pourquoi ne pas passer par ce côté de la barrière et faire entendre au plus grand nombre la déglingue, la beauté du geste et l'anti ringardisation. Parce que entre temps "Cherchez le garçon" est repris dans les émissions de télé-réalité, la société "normale" réclame sa part de Daniel, après tout, il lui appartient aussi non ? Une demi-teinte que Daniel assumera sans rechigner. Après tout, Pierre n'est pas mort pour rien, et Daniel ne joue pas avec ce fil du rasoir depuis si longtemps pour ne pas apprécier de tels croc-en-jambe du sort !


Finalement c'est bien ce qui ramènera Daniel vers l'envie, cette reconnaissance tardive.
Même si il s'agit du plus facile et que ces foutues 80's demeurent un terreau fertile pour parler de n'importe quoi et n'importe comment dans les médias somnifères des années 00's.
Et pour une fois encore (je pense à Christophe, le chanteur) la variété va dire les mots de Daniel dans une vérité crue sans heurter le chaland adepte du Drucker dominical (encore que...)
Cependant quand je vois son livre d'or sur son site je m'interroge quelques peu... La souffrance de Daniel a l'air de le transformer en nouveau Jésus pour certains, ce qui l'aurait bien fait rigoler...
Cet autre "site officiel" (maison de disque) où  Daniel délivre quelques brefs messages est à parcourir pour avoir le plaisir de le lire encore et encore...

En parlant de livre d'ailleurs, je conseille largement ce bouquin, qui demeure un vrai témoignage de Daniel, non abouti forcément mais tellement mieux qu'une pseudo romance  de hipster rock... (vous trouvez pas que ce mot sonne parfois comme une insulte?)



Pour terminer cette sorte d'hommage maladroit et bancal, voici quelques vidéos dont un extrait de "Chapelle Sixteen", l'album posthume De Daniel qui propose des morceaux quasiment aboutis ou non mais qui donnent encore une fois une sacrée étendue du talent et de la grandeur d'âme du Monsieur...

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"Des idiots comme moi" extrait de Chapelle Sixteen

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Une émission belge ou Daniel se livre (partie 1)

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La seconde partie, les moments où l'on voit Daniel "vivant" sont précieux et plus intéressants que cette recherche incessante du journaliste de le voir tomber...

En concert à Brest (les vidéos ne sont pas de moi)

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Nijinski

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Cherchez le garçon (rappel)

http://fuckyeahdanieldarc.tumblr.com/